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Patrick s’intéresse particulièrement aux différents aspects touchant à l’intégration des francophones en milieu minoritaire. Patrick est détenteur de deux maitrises en santé publique et en développement communautaire.

Les résultats du sondage de 2015 sur la consommation de drogues et la santé mentale des élèves de l'Ontario

Le jeudi 2 mars dernier, Réseau CS et  le Centre de toxicomanie et de santé mentale et  le programme de soutien au système provincial (CAMH/PSSP) ont organisé conjointement un webinaire en français pour partager les résultats du sondage de 2015 sur la consommation de drogues et la santé mentale des élèves de l'Ontario (SCDSEO). Alexandra Lamoureux, Coordonnatrice de l'équité et de la participation communautaire (CAMH/PSSP)) a présenté les résultats les plus pertinents aux 45 participants présents en ligne. Sa présentation était commentée et supportée par un panel d’expertes composé de  Lois Alexanian, directrice des services aux adolescents et à leur famille (Maison Fraternité), Yolène Deschênes, directrice adjointe (Maison Fraternité) et Andréanne Fleck Saito, coach pour le leadership et la mise en œuvre, Équipe d’appui pour la santé mentale dans les écoles

Vous pouvez trouver l’essentiel des résultats présentés ici.

Les autres temps forts du webinaire étaient les commentaires de nos panélistes.

Lois par exemple a souligné quelques lueurs d’espoir et de progrès observés en analysant les résultats Pour les démontrer, elle est allée jusqu’à comparer certains  résultats de 2015 à  ceux de 2013. Le tableau suivant résume les quelques évolutions positives signalées.

 

Indicateurs choisis 2013 2015 Commentaires de Lois
Prévention de la toxicomanie en milieu scolaire 8e et 9e année 7e, 8e et 9e année La prévention la plus efficace et qui équipe mieux les jeunes est celle qui est offerte sur plusieurs années et à plusieurs reprises
L’âge de la première consommation d’alcool 14.6 14.8 Une toute petite amélioration
L’âge de la première consommation de cannabis 15.2 15.3 Selon les recherches, la consommation régulière de cannabis chez les jeunes a des effets négatifs tant sur le plan physique que sur la santé mentale.
Consommation d’opiacés sur ordonnance utilisés à des fins non-médicales 1 jeune sur 8 1 jeune sur 10 Encore une petite amélioration à ce niveau

Accès aux substances illégales à l’école 

1 jeune sur 5 1 jeune sur 6 Les conseils scolaires identifient de plus en plus la toxicomanie comme une priorité, ce qui contribue à augmenter leur vigilance et ainsi, rendre l’accès aux drogues plus difficile sur leur terrain

 

Toutefois, selon Lois, il reste beaucoup à faire au niveau des services en santé mentale pour ces jeunes, puisqu’en 2015, plus d’un élève sur 4 a déclaré avoir voulu parler d’un problème de santé mentale, sans savoir où se tourner.

Pour sa part, Yolène s’est plutôt penchée sur quelques  différences observées dans les résultats chez  les francophones et les non francophones. D’emblée, Yolène croit important de préciser que non-francophone ne veut pas nécessairement dire anglophone. Une personne francophone peut venir de n’ importe où dans le monde et cette diversité culturelle a certainement  influencé les résultats.

En ce qui concerne les différences, Yolène pense qu’on peut formuler des hypothèses mais on ne peut pas avancer de réponses absolues. Voici quelques différences observées :

  • Au niveau de la consommation de substances, il y a des tendances, des « modes » qu’on retrouve plus chez les francophones. Par exemple les élèves francophones étaient plus susceptibles que les non-francophones d’avoir fait usage des substances suivantes au cours de l’année écoulée : cigarettes électroniques, consommation à des fins non médicales d’analgésiques opioïdes vendus sur ordonnance, médicaments contre la toux ou le rhume pour « triper » (15,9 % contre 9,2 %).

  • S’agissant de la santé mentale, selon Yolène,  il y a une différence assez marquée dans la recherche de services de santé mentale entre francophones et non- francophones. Les élèves francophones étaient nettement plus susceptibles que les élèves non francophones de déclarer avoir consulté un professionnel de soins de santé mentale tel qu’un médecin, un infirmier ou un conseiller au moins une fois au cours de l’année écoulée (38 % contre 19,6 %). Elle se pose alors  quelques questions : Est-ce une question d’accessibilité des services ? Les services sont-ils plus connus ? Y-a-t-il une meilleure connaissance des symptômes ? Y-a-t-il une meilleure influence des parents ? Ou encore s’agirait –il d’une question purement culturelle ?

Yolène a conclu son intervention en rappelant qu’à la lumière des résultats obtenus, il serait souhaitable voire même profitable, de se pencher  sérieusement sur l’analyse des vraies raisons qui peuvent expliquer ces écarts et ces différences entre francophones et non- francophones. Les connaitre nous permettrait de mieux desservir nos jeunes.

De son coté, Andréanne a soulevé certaines préoccupations en tenant compte des résultats de 2015. Pour elle, les élèves auraient un accès plutôt facile à une grande variété de substances – légales et non-légales. Or la plupart de ces substances sont assez dangereuses. Par exemple pour elle, la proportion croissante de l’utilisation du cannabis entre la 9e et la 10e et ensuite la 11e est plutôt inquiétante.

Quant à la santé mentale des élèves, bien qu’Andréanne observe une diminution des problèmes d’externalisation depuis 2007,  en 2015, plus d’élèves semblent indiquer que leur santé mentale est plus médiocre ou passable et vivent un état de détresse psychologique allant de modéré à grave. L’utilisation des médias sociaux (plus chez les filles) et l’augmentation du jeu compulsif (plus chez les garçons) peut avoir des effets néfastes sur la santé globale et générer des problèmes de santé mentale tels : effets sur le sommeil, l’activité physique, le contact humain/social, la connexion avec le milieu naturel. Le taux d’élèves ayant sérieusement considéré le suicide est toujours assez élevé s’inquiète Andréanne.

Tout compte fait dit-elle,  « Nos approches pour promouvoir la santé mentale et prévenir la détresse psychologique doivent aussi tenir compte du contexte socio-culturel des élèves ».

Le dialogue entamé par nos panélistes se poursuivra le jeudi 9 mars de 10 :00 à 11 :30am au cours d’une discussion en ligne entre pairs. Il sera question de discuter des implications des résultats sur les politiques et leur application pratique.

Si vous avez manqué le webinaire vous pouvez consulter toutes les diapositives  ou vous pouvez même accéder à l’enregistrement.

 

2017 03 webinairelogos

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